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Je quitte Paulo !

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Je quitte Paulo car j’ai envie de bouger, d’exister, de sortir de cette vie de privation.

Je quitte Paulo car je suis totalement déprimée et qu’il me renvoie une  image négative de moi-même et ne me soutient pas.

Je quitte Paulo car je suis fatiguée de ne rien faire, quand j’ai du temps libre mais ne suis nullement libre.

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Je quitte Paulo et ce monde de larmes, de cachets, où la distance entre la fenêtre et le mur blanc est toujours la même, et où le social vient seulement des réseaux, mais pas de la société.

Je quitte Paulo car je supporte plus le regard des autres : je ne veux plus passer pour une femme battue, une victime du système ou encore une profiteuse.

Je quitte Paulo car je ne veux plus me faire espionner, sonder, abuser par un système bureaucratique absurde.

Je quitte Paulo pour d’autres horizons, loin de mes rêves, certes, mais pour une autre vie.

Je quitte Paulo pour Mac Do, pour la caisse d’un hyper, ou pire. C’est sûr que c’est difficile, mais je ne tiens plus.

Je quitte Paulo, peut-être pour pas longtemps, mais au moins, le temps de rompre cette monotonie.

Je quitte Paulo, pour renaître et cesser d’être la suivante, tout simplement pour exister.

 

Ce matin j’étais au guichet, à Pôle Emploi. Une jeune femme est passée. Un peu vénère d’attendre 1/2h alors qu’elle est venue à l’ouverture, néanmoins, je l’ai sentie vive, soulagée.

Elle venait de reprendre un emploi, aussi elle déposait son nouveau bulletin de salaire, pour régulariser sa situation et ne pas être accablée par la suite par un Pôle Emploi qui lui réclamerait un trop perçu.

J’ai gardé en mémoire son sourire, sa mine nouvellement éveillée, alors que je l’avais connue les mois précédents amorphe, déprimée, limite si elle ne venait pas en pyjama.

Cela m’a inspirée pour écrire un poème.

La pauvre… elle nous quitte peut-être pour le travail à la chaîne.

Je vous souhaite à tous de trouver un emploi, pour échapper, ne serait-ce que quelque mois, à ce système vérolé.

Même si le marché, loin d’être un lit de roses, vous offrira peut-être des emplois pénibles, inintéressants, dégradants et que vous pouvez vous retrouvez à bosser pour des cons.

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C’est dur de bosser pour des cons

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C’est dur de bosser pour des cons. Je ne suis pas prophétesse, mais je me le répète tous les jours, quand je suis entre les murs de Pôle Emploi et que j’entends mes collègues raconter des conneries.

C’est dur de bosser pour un organisme dépourvu d’organisation. Non seulement on n’assure pas la formation des conseillers, mais on recrute le gratin des laissés pour compte. Ensuite, on les fait évoluer dans un environnement tellement merdique et sans perspective d’évolution, qu’ils deviennent aigris, comme Monique, ou barge, ou les 2, à moins qu’ils n’aient d’autres raisons trop importantes dans la vie pour ne pas se laisser aller.

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C’est dur de bosser pour un système dans lequel chacun peut raconter ses propres conneries, mais que personne ne cautionne. Pas même un chef. C’est d’autant plus grave que cela a une incidence sur la vie des demandeurs d’emploi, leur moral ou leurs chances d’évolution professionnelle. Les demandeurs d’emploi pourraient se faire financer des formations. Seulement personne ne leur dit. Le conseiller regarde 2, 3 informations sur le site défi-métier et ça suffit : « obtenez une place conventionnée, il y en a 8 en Ile de France. Mais oui, c’est possible ! »

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C’est dur de bosser pour une organisation où tout petit employé crétin peut se sentir investi d’un pouvoir sur les gens qui se réfèrent à lui. On fait attendre un demandeur d’emploi 1h, pour qu’un conseiller le reçoive et lui remette un formulaire. Un formulaire qu’il n’obtiendra pas, le stock a été jeté, par inadvertanceMais l’erreur est humaine. Alors le petit conseiller imbu de lui-même va ouvrir sa grande bouche, donner des conseils au demandeur d’emploi. Lui sortir son historique, des choses qu’il sait déjà. Puis, il regardera le système informatique « je vois que vous avez déjà un rendez-vous programmé. En fait vous savez déjà tout » même pas désolée, je vous ai fait perdre 1h30, mais ce n’est pas grave, vous êtes chômeur, vous n’avez que ça à foutre !!!

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C’est dur de bosser pour une administration quand on a un tant soit peu envie de réfléchir. C’est d’autant plus dur quand l’administration est vérolée.

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Néanmoins, cette situation n’est pas seulement la mienne, mais celle de milliers d’actifs. On travaille pour gagner sa vie, alors on n’a pas le choix et on doit bosser pour des boîtes dont on ne partage pas les valeurs. On est recruté pour prendre la place de quelqu’un qui a été viré. On rentre dans la cour de Louis XIV, on apprend à connaître les goûts du patron, à rire des même blagues, pour être dans la même osmose. On voudrait se barrer, mais comme on veut éviter Pôle Emploi, la pénurie, la déprime… on la ferme et on se dit que c’est dur de bosser pour des cons.

 

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Comment éviter Pôle Emploi : les règles de la réussite en entreprise.

Quand vous dites que vous êtes à Pôle Emploi, on vous plaint. A moins que l’on vous considère comme un profiteur, ce qui est bien sûr mal vous connaître, et aussi mal connaître la situation de l’emploi en France.

Il est certain que l’on voudrait ne jamais être suivi par Pôle Emploi, pour éviter la débâcle, la perte de confiance et la dépression. Pour se faire, il faudrait avoir, ce dont vous rêvez : un travail !

Après réflexion, je me suis dit qu’au lieu de vous donner des conseils pour survivre à Pôle Emploi, il serait plus pertinent de vous donner des conseils pour avoir un travail et le garder. Je vais donc vous parlez d’un vivier d’emploi que je connais très bien : le monde de l’entreprise.

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Parce que si vous faites partie des gens qui entendent leur réveil sonner tous les matins, se pressent dans les transports pour aller retrouver leur pile de dossier et leur souris, vous êtes sauvé ! Vous êtes un actif très occupé.

Voici donc quelques règles à connaître pour s’épanouir en entreprise.

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1. La machine à café est le centre de la vie en entreprise. C’est là que les gens prennent des forces pour éviter de s’endormir et vont se détendre. C’est le point clé où les relations se créent.

2. Tissez votre toile. Plus on se fait connaître, en participant à des événements divers et variés, moins on est besogneux, plus on avance en société.

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3. Allez toujours déjeuner avec des collègues. Même en période de rush, on ne vous reprochera jamais de perdre de temps.

4. Sortez à la pause clope. Même si vous risquez un cancer, comme on vous l’a très certainement déjà dit, vous augmenterez vos chances de progression professionnelle. A moins, bien sûr, d’être dans une société de sportifs, ou d’avoir un patron qui a arrêté de fumer et se montre très hostile à cette pratique.

5. Soyez sur tous les coups : comités d’organisation, syndicats…Tous vos collègues doivent savoir que vous vous battez pour eux. Par là même, vous mangerez à tous les râteliers.

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 6. Apprenez à parler de tout et de rien et si possible avec emphase. Que ce soit la rentrée des classes, le dernier nanar au cinéma ou la circulation sur l’autoroute, tout sujet a son importance.

7. Intéressez-vous à vos collègues. Demandez des nouvelles de leurs enfants, leur chien, leur gastro. C’est plus important que de connaître les dossiers.

8. Soyez démonstratif. Peu importe ce que vous faites, l’important c’est de le montrer. Arrivez plus tôt le matin, mais seulement si votre chef est là. Montrez que vous vous donnez à fond, la discrétion est un vilain défaut. Ouvrez-là !

9. Ayez le rire facile quand un collègue sort une blague, même si elle n’est pas drôle. Il se sentira flatté.

10. Sortez vous-même des blagues politiquement correctes, que vous pourrez placer sans blesser personne.

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11. Le chef a toujours raison, même s’il a tort. Oubliez ce que vous avez appris à l’école. Le cartésianisme, c’est trop compliqué. Ne contrariez jamais votre hiérarchie, caressez-le toujours dans le sens du poil.

12. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. (Traité de Manipulation, Gilles Azzopardi). Ne perdez pas de temps dans le relationnel : allez droit au but. Détester certains parasites, baver sur eux vous permettront de mieux vous rapprocher de ceux qui pensent comme vous. La médisance est une valeur très largement partagée en société.

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13. Respectez néanmoins les « distances de freinage ». Ne vous mouillez pas, n’ayez pas de sentiments. Evitez de coucher pour réussir, vous pourriez y laisser des plumes. Agissez plutôt en confident, sur l’épaule de qui toute l’entreprise vient pleurer. Vous apprendrez d’avantage sur les dessous des cartes de ce petit monde.

Pour en savoir plus, lisez les 110 Règles d’Or du Travail, de Richard Templar. Une mine d’informations pour votre plan de carrière.

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Tout ça pour dire que, même si vous êtes stupide, insipide et versatile, vous pouvez réussir à creuser votre trou, à garder votre place et à prendre du galon en entreprise, et Pôle Emploi ne sera qu’un vilain cauchemar.

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Comment rester serein à Pôle Emploi

Comme vous l’avez constaté, venir au Pôle Emploi est toujours un moment difficile.

Quand je sors de mon bureau, je vois des gens en larmes, ou qui se rongent les ongles.

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C’est la perspective d’être reçu par un conseiller qui retient les fumeurs dans le hall d’attente. Sans cela, ils seraient sortis calmer leurs nerfs dans la nicotine (comme quoi, Pôle Emploi a des vertus salvatrices).

Travailler à Pôle Emploi peut également s’avérer dangereux car certains demandeurs d’emplois explosent et ça peut faire mal. L’autre jour Chantal nous prévenait « attention, Monsieur Durand est là, soyez prêts s’il cogne ». Nos collègues masculins se tenaient prêts du bureau, au cas où notre visiteur en viendrait aux mains, comme il avait pu le faire lors de sa dernière visite. Depuis, nous nous sentons menacés.

Au vu des tensions qui montent très vite, j’ai écris cet article pour apporter quelques conseils à nos potentiels candidats, afin que vous abordiez à visite à Pôle Emploi de la meilleure façon possible.

  1. Ayez du temps devant vous.

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Évitez de prévoir un rendez-vous dans la même demi-journée : vous savez quand vous franchissez la porte, mais pas quand vous sortirez de l’espace sacré du Pôle Emploi. Soyez dans le même état d’esprit que quand vous partez pour une journée de chirurgie : vous prenez votre journée ou demi-journée, même si c’est ironique pour un demandeur d’emploi.

Prenez vos dispositions pour que votre conjoint ou un voisin aille chercher vos enfants à l’école. Cela vous tranquillisera.

  1. Gardez votre téléphone portable (avec un chargeur) près de vous.

Vous êtes en ADI : attente à durée indéterminée : comme en montagne, il faut penser à votre survie !

Le but n’est pas de jouer à Candy Crush ni d’aller raconter sur les réseaux sociaux « 3h à Pôle Emploi, c’est lourd ! ». En revanche, la fonction initiale d’un téléphone étant de « téléphoner », il vous permettra de ne pas manquer un appel de potentiel recruteur. De même, un texto à un ami peut vous redonner le sourire.

  1. Ayez à l’esprit que patience est la mère de toutes les vertus.

Gardez votre calme, vous êtes au chaud, assis sur un siège. Profitez de l’instant présent pour vous reposer. Surtout, ne vous dites pas que vous pourriez être ailleurs et que vous perdez votre temps.

  1. Ayez toujours un livre avec vous.
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Profitez de vos périodes de chômage pour vous lancer dans la lecture des classiques comme Guerre et Paix ou les Mémoires d’Outre-Tombe. Si la génération précédente a connu le plein emploi, elle n’a pas eu le temps de bénéficier de la culture. Vous avez pu le constater chez vos  – anciens et regrettés – chefs, pour qui le verbe « lire » avait pour complément le programme télé.

 

 

  1. Apprenez à vous relaxer.

Faites des respirations ventrales, comptez les temps d’inspirations et d’expirations. Cela vous permettra de calmer votre rythme cardiaque. Découvrez le yoga par le biais de cours, ou, solution moins onéreuse, de vidéos ou de livres.

  1. Restez aimable.
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Écoutez ce que vous dit le(la) guichetier(e) ou le conseiller(e) qui s’adresse à vous. Même si cela vous a déjà été dit, ne manifestez aucun signe d’agacement ou d’hostilité. Parce que cela créerait un climat d’agressivité. Mais aussi, parce que votre interlocuteur pourrait vous le faire payer par son refus d’obtempérer. Sachez que les agents de Pôle Emploi sont des humains qui connaissent des frustrations, certains ont été recalés aux concours administratifs. Alors ils peuvent se venger sur vous, si vous n’êtes pas remplis de charme. Soyez magnanime : montrez-leur votre grandeur d’âme !

  1. Apprenez à relativiser.

Concernant votre visite, dites-vous que vous serez sorti à la fin de la demi-journée.

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Concernant vos demandes, cherchez vous-même la solution et pensez que vos démarches aboutiront, mais c’est une question de temps.

Être au chômage est une situation difficile, surtout d’un point de vue financier.

Néanmoins, pensez à vos anciens collègues qui subissent la tyrannie de leurs chefs, la fatigue de la routine et les plaintes de leur Monique locale.

Et, mieux vaut être demandeur d’emploi que malade.

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Travail et santé

Je suis au regret de constater que les maximes que répétait mon grand-père ne sont pas forcément justes. Si le travail c’est la santé, ça dépend où on travaille. En effet, « l’open space m’a tuer », c’est ce que l’on ressent dans une entreprise privée, comme à Pôle Emploi.

Envoyer quelqu’un au travail, c’est comme mettre ses enfants à la crèche : on attrape toutes les maladies. Mais je ne sais pas si on est vacciné pour autant.

Ceci est manifeste à Pôle Emploi : les collègues sont hypocondriaques.

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On ne sert pas la main des demandeurs d’emploi, par peur de contamination. Tout le monde a froid, parce que grande nouvelle, il fait froid en hiver. Sauf à la pause clope, il y a un micro-climat.

Quand Monique n’est pas en arrêt, elle se plaint qu’elle va tomber d’inanition, car le repas de midi était trop léger.

Chantal passe ses coups de fils au médecin « oui, il me faut un rendez-vous avec un chef de clinique, je fais de la tachycardie depuis l’âge de 8 ans. « Le rendez-vous pris, elle enchaîne sur son 3e café du matin et sort fumer une cigarette.

Heureusement, les plaies sont les choses les mieux partagés, et Pôle Emploi fonctionne comme une grosse entreprise.

En effet, c’est bien cela la loi du travail en France : travailler, cotiser, avoir une mutuelle, pour pouvoir attraper tous les maux du monde et se faire soigner.

On a toujours froid en hiver, la preuve, on ne bouge pas. Par contre, ça y va l’énergie pour se plaindre.

On a toujours une Monique qui a des problèmes de poids génétiques. Alors, elle engloutit des gâteaux à longueur de journée. Normal.

 

Certains de mes demandeurs d’emploi ne cherchent pas avant tout un travail, mais un travail dans lequel ils se sentent bien. Je les comprends. Ils me racontent la boule dans la gorge qu’ils ressentent le matin, les os qui sont lourds, la peur panique. Ils ne voulaient plus aller travailler pour voir leur chef, leur pile de dossiers, et surtout ce climat hospitalier de plaignants. Ils aimeraient clairement être sourds, ou travailler avec des muets.

Parfois, j’ose leur dire « avez-vous pensé travailler en indépendant ? ». Alors ils ferment les yeux et s’imaginent un instant, travaillant chez eux, seuls, sans chef, sans Monique, sans dossiers partagés.

Malheureusement, les choses ne sont pas si simple, l’autoentreprise n’est possible que pour certains types d’activité. Et on a toujours peur de ne pas cotiser, payer sa mutuelle à moindre coût, pour se soigner si on tombe malade…

En somme, Pole Emploi est un microcosme de la vie en entreprise. Les demandeurs d’emploi y passent, cela pourrait leur donner l’occasion de rencontrer du monde, renouer avec le système au lieu de rester dans l’isolement. En fait, ces visites leurs font peur parce qu’ils y rencontrent principalement des lourdaux inefficaces, des hystériques ou des hypocondriaques, plutôt que des gens en forme et optimistes. Aussi, travailler rend malade et Pole Emploi déprime. Une cohésion parfaite.

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Ma mission à Pole Emploi

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On rêve tous d’avoir une utilité dans le système, on dit que l’argent ce n’est pas tout, qu’on veut vouer sa vie à une cause.

Pour ma part, j’ai connu le chômage et puis j’ai postulé à Pôle Emploi.

Cela rejoignait mes « centres d’intérêts » : pouvoir parler, conseiller, avoir une utilité sociale.

 

C’est sûr, à pôle Emploi, on fait du social. Oui, mon background de psycho m’est utile, mais n’est pas indispensable. A 20 ans, je ne rêvais pas de contrôler les fiches de paie, vérifier que toutes les cases sont remplies, pour calculer le montant des indemnisations (avec un logiciel).

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Quand j’ai en face de moi un demandeur d’emploi, je m’applique à le conseiller, à l’orienter. A lui parler comme à un véritable être humain, même si je ne connais pas tous les ressorts de sa vie, et, avant tout, de son métier.

Le mot magique c’est « utiliser les réseaux sociaux. » C’est ce que claironnent mes collègues. Alors ça me fait peur. Cela veut dire que vous trouvez des informations sur la vie de qui-vous-voulez, l’agent qui vous a énervé etc. Un jour, Monique aura elle aussi son profil Viadeo, si quelqu’un l’aide à le créer. Çà va faire mal.

Cela veut dire que les chefs, en plus de ne servir à rien, vont aller renseigner leur profil, pour rentrer en contact avec toutes les perles rares du marché. Vive l’égalité, tout le monde peut poster sur internet. Oui, l’espoir fait vivre…

Je suis peut-être un peu vieux jeu, mais j’ai plutôt l’habitude de demander aux personnes que je conseille ce qu’ils aimeraient faire, pour ensuite lire des informations sur les secteurs. Je les encourage à se déplacer, voir, rencontrer, plutôt qu’envoyer des CV en masse.

C’est sûr que ça marche, on envoie des CV via Monster. On peut même automatiser les lettres de motivations.

Néanmoins, j’ai introduit une notion : le taux de retour. Car cela n’est pas si simple que ça.

 

Le marché de l’emploi n’est pas simple, c’est ce que j’explique calmement aux demandeurs d’emploi. Il faut parfois renoncer à ses idéaux, faire des compromis.

étudiantsIl y a néanmoins une catégorie que j’essaie de préserver : les jeunes diplômés de mastère, qui sortent de l’Ecole avec plein de rêves et d’envie pour chercher un travail. De ceux-là, j’ai pitié. Je les envoie au purgatoire : à l’APEC. Même s’ils n’ont pas les critères pour être accompagnés par l’APEC, à savoir : avoir cotisé à une caisse cadre, ils bénéficient des ateliers en groupe, et viennent seulement aux entretiens Pôle Emploi tous les 4 mois, pour s’actualiser (malheureusement oui, la situation peut traîner, même avec des entretiens tous les 4 -6 mois.)

 

J’ai moi-même proposé au directeur de mon agence d’animer un atelier, au nom politiquement correct de « construire son projet professionnel ». C’est en étude. Par qui, où, je ne sais pas. L’idée lui a plu, mais il m’a fait comprendre que mon profil était insuffisant pour avoir cette responsabilité, comme je ne suis pas spécialiste du recrutement ou des affaires sociales. En somme, mes collègues seraient jaloux. Pôle emploi a déjà des prestataires qui s’attellent à cette tâche. « Cap Projet », qui devient « Cap Emploi », ou d’autres.

Qui vivra verra, et, quand il y a de la vie, il y a de l’espoir.

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Le monde à travers Monique

On a tous connu, un jour ou l’autre, notre Monique.

Qui que nous soyons, fonctionnaire, cadre sup ou technicien, étudiant ou chômeur, nous avons eu un personnage féminin acariâtre, qui se plaint tout le temps : de son employeur, de l’organisation, du temps qu’il fait…

Les choses ne vont pas bien, mais ce n’est jamais de sa faute. Néanmoins, elle amplifie, et ça ne peut plus durer…

Je me rappelle avoir travaillé dans une entreprise où la Monique du service perçait ses points noirs au bureau. Elle se plaignait de tout mais faisait des grands sourires au patron, dont elle était l’assistante. C’est sûr, elle était fidèle et besogneuse  par devant (en 10 ans, elle avait au moins appris à envoyer un mail. C’est déjà ça…). Et c’est la femme du patron qui devait être contente : au moins, les vaches étaient bien gardées.

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A Pôle Emploi, nous avons aussi notre Monique et c’est difficile à vivre.Quand elle n’est pas en arrêt, elle se plaint. Du système informatique qui ne marche pas (elle tape sur son clavier avec un doigt) ; des rendez-vous qui n’arrêtent pas (je plains les demandeurs d’emplois), des courants d’airs : d’ailleurs elle a fait imprimer une pancarte FERMER LA PORTE et l’a collée à l’entrée du bureau que nous partageons. Malheur à celui qui part sans fermer la porte « c’est marqué dessus, c’est comme le Port-Salut ! « .

La vie n’est pas simple, travailler à pôle Emploi n’est pas réjouissant, mais partager son bureau avec Monique est synonyme de beaucoup de douleurs. Même en pause, quand je suis face à mon tupperware de salade, elle vient me raconter qu’elle n’arrête pas et qu’elle n’en peut plus de ces conditions, qu’elle va se barrerSi seulement. Mais elle répète ce refrain depuis 10 ans !

 

Alors il faut mieux prendre de la distance : faire de grandes respirations ventrales, regarder plus loin ou encore imaginer la détresse de son prochain.

Mes collègues masculins ne se gênent pas pour se lâcher dans son dos : »mal baisée » clament-ils, « forcément son mari s’est barré ».

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Pour nous, c’est dur au quotidien. Mais qu’est-ce que ça doit être pour nos demandeurs d’emploi ? S’entendre dire « votre dossier est incomplet, il faut nous renvoyer ce papier tamponnée de votre précédent employeur » ; « non, ce n’est pas possible de faire financer cette formation » ; « si vous refusez cet emploi, nous serons contraints de vous radier de pôle Emploi ».

Les gens critiquent Pôle Emploi. On voit beaucoup de choses aux informations et j’avoue que je les comprends. Il faut dire qu’on n’est pas aidés.

Mais avoir affaire à Monique, que voulez-vous de pire ?

La vie de nos collègues n’est pas enviable, comme vous le savez, des agents ont été agressés. Je ne vous demande pas de nous plaindre. Néanmoins, j’ose le dire, j’aurai préféré que cela arrive à Monique.

 

Pour conclure, quand ça va pas, il faut se dire, comme Tryo « qu’on est toujours le con de quelqu’un, mais mon voisin le sait pas », mais aussi, « qu’on a tous notre Monique, qui nous pourrit la vie ». Se sentir moins seule, ça fait chaud au cœur.